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En juillet 2014, je publiais sur ce blog un premier article sur l'émergence du Festival Bach de Toul, suite à un entretien avec son directeur artistique et fondateur, Pascal Vigneron, qui réussit depuis quelques années une implantation indéniable dans cette ville certes modeste, mais à l'histoire et au patrimoine architectural insoupçonnés et remarquables, à quelques encablures de la cité grand-ducale de Nancy.

Deux ans après cet entretien, l'organiste Denis Comtet donnait hier, dimanche 19 juin, le coup d'envoi de la 7ème édition du Festival Bach, après une semaine de festivités autour de l'inauguration de l'orgue de la cathédrale de Toul, ressuscité après quatre années de restauration (cf le lien vers l'article de La Lettre du Musicien sur la journée d'inauguration).

Souhaitant rendre hommage à Gaston Litaize qui a participé à la conception et inauguré l'orgue Curt Schwenkedel en 1963, le festival invite cette année trois de ses anciens disciples. Denis Comtet succède ainsi à la tribune à Olivier Latry, qui a, brillamment, inauguré l'orgue restauré par Yves Koenig.

Avec un programme entièrement dédié à Bach, pour célébrer, comme il se doit, l'ouverture du festival consacré au Cantor de Leipzig, le récital de Denis Comtet a permis de mettre en valeur l'identité néo-baroque de l'instrument, désormais retrouvée, nous transportant l'espace d'une heure et demie dans l'Allemagne du Nord.

Les travaux effectués ayant libéré le souffle des 4896 tuyaux, répartis sur 70 jeux, l'organiste a pu opter pour des registrations mesurées, privilégiant la qualité au volume sonore.

Ainsi, le Concerto en ré mineur d'après Vivaldi BWV 596 qui introduit le récital, semble se dérouler sur un tapis sonore tissé de velours. Chacun des chorals Schübler BWV 645-650 qui suit révèle l'atmosphère propre à la cantate dont il est la transcription.

Véritable bijou de virtuosité et de délicatesse à la fois, la Sonate en trio N°3 en ré mineur BWV 527, comme les cinq autres Sonates en trio, réclame un talent d'orfèvre, pour être ciselée comme il faut. Denis Comtet y déploie tout son art, avec un soupçon de célérité qui laisse filer trop rapidement le scintillement de chaque facette, qu'on aimerait voir briller encore un peu plus longtemps.

La Partita Sei gregrüsset, Jesu gütig BWV 768 se déploie comme une grande arche dans la nef de la cathédrale. De par ses dimensions, elle invite à un long moment de méditation où la musique et l'architecture du lieu unissent leur beauté respective pour ne plus faire qu'un.

En conclusion, dans le Prélude et fugue en Ré Majeur BWV 532, Denis Comtet réussit à exprimer à la fois la majesté et la force dramatique du prélude et la légèreté de la fugue, dont la fin résonne comme un point de suspension, sorte de témoin passé à Eric Lebrun, troisième disciple de Gaston Litaize du festival, qui sera présent le 11 septembre prochain à la tribune de ce qui est désormais considéré comme l'un des orgues les plus importants du Grand Est.

Crédit photo : Stéphane Godet

Crédit photo : Stéphane Godet

Les chamades vues depuis la tribune (crédit photo : Stéphane Godet)Les chamades vues depuis la tribune (crédit photo : Stéphane Godet)

Les chamades vues depuis la tribune (crédit photo : Stéphane Godet)

Tag(s) : #Musique, #Politique culturelle, #Patrimoine, #Orgue

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