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Il y a trois ans, la soprano Julie Cherrier avait l’idée de lancer un festival qui aurait lieu inviter dans son petit village d’Hattonchâtel, en Meuse, perché sur les Côtes de Meuse, avec une vue à 180 degrés sur toute la plaine de Woëvre.

 

Cet écrin médiéval avec son église remontant aux XVe et XVIe siècle allait se révéler l’endroit idéal pour des rencontres musicales, où se retrouvent désormais chaque année des amis musiciens de renom, pour partager avec le public le plaisir de jouer ensemble, dans l’amitié et la générosité.

 

2017 fut un grand cru donnant lieu à une production comparable à la qualité des récoltes des raisins et des petites prunes dorés qui font la fierté de cette région. 

 

Associant jeunes talents et artistes confirmés, cette année a vu se produire lors de quatre concerts mémorables, du 22 au 24 septembre, le jeune violoncelliste Aurélien Pascal et son aîné Henri Demarquette, la pianiste Dana Ciocarlie, en pleine actualité schumannienne, le pianiste, chef d’orchestre et compositeur Frédéric Chaslin, et un invité d’honneur exceptionnel, l’accordéoniste protéiforme Pascal Contet.

 

Samedi 23 après-midi, Dana Ciocarlie et le jeune et déjà auréolé de succès Aurélien Pascal au violoncelle dialoguèrent dans un programme varié d’œuvres de Schubert, fil rouge du festival, Debussy, Chaslin, Granados et de Falla.

 

Si la Sonate de Debussy pâtit de l’acoustique réverbérante de l’église empêchant d’en apprécier à sa juste valeur l’écriture fournie alternant différents climats, la Sonate Arpeggione de Schubert permit d’apprécier le jeu d’Aurélien Pascal, ses moyens techniques et sa belle musicalité, dans une interprétation à la fois fraîche et teintée d’acidité presque baroque, qui augure un grand cru à venir.

 

En aparté, Dana Ciocarlie expliqua que l’arpeggione, aujourd’hui disparu, était un instrument hybride, entre guitare et violoncelle, qu’affectionnait particulièrement Schubert.

 

La Gipsy Dance pour piano, donnée en intermède, est une pièce pour orchestre de Frédéric Chaslin, extraite de son opéra Les Hauts de Hurlevent, transcrite pour piano par le compositeur lui-même. Virtuose, elle n’est pas sans rappeler le style néo-classique de Francis Poulenc, une musique qui donne du plaisir, et permet à l’interprète de donner libre cour à son tempérament créatif.

 

D’une danse tzigane aux danses espagnoles, il ne restait qu’un pas à franchir.

Les deux musiciens donnèrent donc Trois Pièces de Granados : Andalouse, Orientale et Intermezzo, le thème très connu de la première danse, précédant l’ambiance méditative et aérienne de la seconde, et le romantisme élégiaque de l’Intermezzo.

 

Le programme se termina dans le feu explosif de la danse du même nom de Manuel de Falla.

Le public peu habitué des salles de concert manifesta son enthousiasme à chaque pièce et même entre les mouvements, le signe d’un pari gagné par ce duo généreux !

Dana Ciocarli et Aurélien Pascal (DR)

Dana Ciocarli et Aurélien Pascal (DR)

Le village d'Hattonchatel et son église (DR)
Le village d'Hattonchatel et son église (DR)
Le village d'Hattonchatel et son église (DR)
Le village d'Hattonchatel et son église (DR)
Le village d'Hattonchatel et son église (DR)

Le village d'Hattonchatel et son église (DR)

Tag(s) : #Musique, #Spectacle vivant, #Festival, #Piano, #Musique aux Mirabelles, #Meuse, #Lorraine, #Hattonchatel, #Violoncelle, #Dana Ciocarli, #Aurélien Pascal

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