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Marqué sous le sceau du romantisme et de l’émotion, le concert de clôture de l’édition 2017 du festival Musique aux Mirabelles laissera sans doute un souvenir impérissable au public venu nombreux remplir l’église Saint-Maur d’Hattonchâtel, en Meuse, par cet après-midi d’automne ensoleillé !

 

La nef baignée d’une belle lumière naturelle, le retable de la Passion et les vitraux du Chœur allaient constituer le décor de cet après-midi musical associant Frédéric Chaslin au piano, Henri Demarquette au violoncelle et la voix de Julie Cherrier, dans un programme Brahms, Schubert, Chostakovitch et Chaslin.

 

D’emblée dans la Sonate pour violoncelle et piano en ré majeur opus 78 de Brahms, les deux interprètes émeuvent par la profondeur du climat sonore qu’ils instaurent, alliant la puissance de jeu de Frédéric Chaslin et la sonorité soyeuse du Stradivarius de 1725 d’Henri Demarquette.

L’œuvre se termine dans un clair-obscur digne d’un tableau du peintre romantique Caspar David Friedrich.

 

Dans cet esprit, le public du festival retrouve ensuite la Sonate Arpeggione de Schubert, autre œuvre emblématique du répertoire romantique qui avait été donnée la veille par Dana Ciocarlie et Aurélien Pascal. Deux interprétations différentes formant un diptyque musical passionnant.

 

A la fois chef d’orchestre et pianiste, Frédéric Chaslin, comme Leonard Bernstein avant lui, n’en est pas moins un compositeur prolifique au style chatoyant.

Composée initialement pour orchestre, sa Prière, proche du Kaddish, est ici donnée dans  une version avec violoncelle. Charnelle et dense, elle porte en elle les germes du concerto qu’elle est appelée à devenir pour ce même instrument . Elle prend ici tout son sens au pied de la Passion du Christ et des vitraux du Chœur.

 

Composé par Frédéric Chaslin pour Julie Cherrier, le cycle de mélodies Chansons pour elle, donné en création mondiale lors de ce concert, met en valeur une sélection de poèmes de Jean Cocteau, sur le thème de l’amour sous toutes ses formes. La voix de Julie Cherrier en exprime toute la poésie et le compositeur en exhale tous les parfums. Une parenthèse enchantée et plus légère dans ce programme très dense.

 

En effet, la Sonate opus 40 de Chostakovitch installe ensuite un climat plus contrasté, oscillant entre deux mondes.

Le premier mouvement Allegro non troppo débute de manière romantique avant de laisser transparaître par petite touche le style reconnaissable du compositeur. Tel Stefan Zweig dans son œuvre, il exprime la nostalgie d’un passé révolu, face à un présent inquiétant.

L’Allegro en forme de Scherzo qui suit apporte un peu de répit par son caractère enjoué et insouciant.

Le troisième mouvement, Largo, nous replonge dans un doute intérieur empreint de douleur.  

Comme une libération, l’Allegro final déferle comme une coulée de lave le long d’un volcan en éruption. Mais le feu aussi chaleureux soit-il n'annonce-t-il pas la fin du monde ?

 

Ici, ce n’est heureusement que l’épilogue d’un festival que Dana Ciocarlie vient clôturer brillamment par la Gipsy Dance de Frédéric Chaslin.

 

Et c'est avec impatience qu'on attend déjà le retour de tous ces musiciens en 2018 à Hattonchâtel !

Les artistes de l'édition 2017 du festival (DR)

Les artistes de l'édition 2017 du festival (DR)

Julie Cherrier et Frédéric Chaslin (DR)

Julie Cherrier et Frédéric Chaslin (DR)

Le village d'Hattonchatel et son château (DR : Stéphane Godet)Le village d'Hattonchatel et son château (DR : Stéphane Godet)Le village d'Hattonchatel et son château (DR : Stéphane Godet)

Le village d'Hattonchatel et son château (DR : Stéphane Godet)

Tag(s) : #Musique, #Spectacle vivant, #Festival, #Culture, #Lorraine, #Piano, #Dana Ciocarlie, #Musique aux Mirabelles, #Julie Cherrier, #Henri Demarquette, #Frédéric Chaslin, #Meuse, #Hattonchatel

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