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A l’occasion du lancement de la saison de la Salle Poirel et du Théâtre Mon Désert, l’Orchestre de l’Opéra National de Lorraine faisait sa rentrée à Nancy vendredi 25 septembre après une tournée métropolitaine.

Après les discours solennels de Brigitte Fazan, directrice de l’Ensemble Poirel, de Hocine Chabira, conseiller aux cultures émergentes de la Ville de Nancy et Vice-Président en charge du projet culturel métropolitain, Matthieu Dussouillez, directeur général de l’Opéra National de Lorraine a rappelé à quel point il est vital pour les artistes de pouvoir se produire à nouveau sur scène, et comment par ailleurs l’Opéra s’efforce de composer chaque jour avec cette situation inédite et incertaine.

Finalement, ce lancement de saison à Nancy a permis de constater que d’un mal peut parfois surgir un bien.

En effet, ce 25 septembre, distanciation des musiciens oblige, pendant qu’une partie de l’Orchestre était dans la fosse de l’Opéra en train de répéter le premier ouvrage de la saison lyrique, Görge le Rêveur de Alexander von Zemlinsky, trente-et-un musiciens se produisaient sur la scène de la Salle Poirel dans un programme Fauré, Saint-Saëns et Beethoven, impeccablement interprété.

Avec, à la direction, Jean-Marie Zeitouni, chef québécois désormais connu du public nancéien, l’orchestre dans cette formation très réduite s’est révélé transfiguré, avec des pupitres homogènes, des vents et des cordes équilibrés, et des cuivres plus du tout tapageurs.

Articulé en deux volets, le programme a tout d’abord consacré une première partie à la musique française avec la suite Masques et Bergamasques de Gabriel Fauré et la Sarabande de Camille Saint-Saëns avant d’enchaîner sur la première Symphonie de Beethoven, inaugurant une série d’hommages rendue cette saison par l’Orchestre au compositeur dont on fête cette année les 250 ans de la mort.

La première partie de ce concert fut bien sûr empreinte d’une légèreté et d’une transparence propre à la musique française à la charnière des 19e et 20e siècle. La suite Masques et Bergamasques, opus 112 de Gabriel Fauré, œuvre hélas trop peu jouée s’est déroulée dans une grande fluidité sous la baguette de Jean-Marie Zeitouni. Les vingt cordes de l’Orchestre s’y sont montrées sous leur meilleur jour et l’effectif de l’Orchestre idéal dans ce répertoire.

Avec la Sarabande de Camille Saint-Saëns, on est davantage rentré en terrain connu. Cette œuvre figure dans toutes les compilations de musique classique. Aussi, le public n’a pas boudé ce plaisir offert. 

La première symphonie en ut majeur, opus 21 de Ludwig van Beethoven, encore ancrée dans le classicisme annonce déjà par la fougue de ces mouvements rapides les symphonies de la maturité. Elle contient déjà les germes du pathos et de la tragédie qui irrigueront le reste de son œuvre. L’Orchestre et le chef lui ont rendu ici un premier hommage réussi laissant augurer d’autres belles soirées dédiées au compositeur.

Gageons que cette saison conçue sur le thème de la nuit transfigurée révélera d’autres moments aussi brillants de transfiguration.

Enfin, il faut noter l’intérêt de ces concerts d’une durée plus réduite où sont enchaînées les œuvres sans entracte. Cela fait très longtemps que le rituel du concert tel qu’il se déroule et qui date du 19e siècle doit être repensé pour s’adapter à notre époque. Ce fut ici aussi chose faite.

Jean-Marie Zeitouni (DR)

Jean-Marie Zeitouni (DR)

Tag(s) : #Concert, #Orchestre de l'Opéra National de Lorraine, #Salle Poirel, #Théâtre de Mon Désert, #Nancy, #Lorraine, #Jean-Marie Zeitouni, #Opéra National de Lorraine

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