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20140314 190054

Il faut venir à Bombay pour être invité à écouter le London Symphony Orchestra dirigé par l'un de ses deux principaux chefs invités, le jeune et très british Daniel Harding !

A l’occasion de leur tournée en Asie, la chance m’aura été donnée d’avoir pu assister aux deux concerts de leur escale indienne.

Nos amis anglais auraient pu gratifier le public indien de programmes clinquants et populaires qu’il aurait peut-être immédiatement appréciés. Ils ont choisi au contraire des œuvres pour certaines assez exigeantes.

Le premier programme alliait musique anglaise et germanique, avec le Concerto pour Violoncelle d’Edward Elgar et la 1ère Symphonie, dite Titan, de Gustav Mahler. Personnellement, je ne suis pas un grand fan du concerto d’Elgar, l’un des tubes des violoncellistes à travers la planète. Je le trouve un peu compliqué, tarabiscoté, mal fichu pour mettre en valeur le soliste. Le premier violoncelle du LSO, Tim Hugh, s’y est attelé avec professionnalisme, sans toutefois déchainé les applaudissements. Cette musique est assez intimiste et n’est pas écrite pour emballer le public. Il faut peut-être un supplément d’âme pour habiter cette œuvre et en trouver les ressorts expressifs qui convaincraient davantage.

Après l’entracte, Daniel Harding a conduit l’orchestre à travers une 1ère Symphonie de Mahler échevelée, explosive, voire parfois pétaradante. Trop à mon goût. Il tenait peut-être à mettre en valeur chaque pupitre qui a pu ainsi s’en donner à cœur joie. L’excellente acoustique du Bahbah Theatre au National Centre for Performing Arts a été plus que flattée, mais j’aurais attendu une interprétation plus sensible, plus fine. Le volume fut par trop titanesque à mon goût. Les huit cors et les trompettes debout pour le final ont fini d'apporter à cette œuvre le côté spectaculaire que le chef a voulu lui donner pour cette première soirée.

En revanche, le bis m’a emballé. A nul autre pareil, un chef anglais sait diriger la musique de son pays. Ce fut le cas ici avec un extrait des Variations Enigma (10e variation - Nimrod) d’Edward Elgar où Daniel Harding et le LSO ont démontré qu’ils étaient là sur leurs terres.

Le lendemain, c’est un programme entièrement russe que le LSO avait préparé pour le public de Bombay avec Une Nuit sur le Mont Chauve de Moussorgski, le Concerto pour Violon et Orchestre en Ré Majeur de Tchaïkovsky et Petrouchka de Stravinsky.

Le Concerto fut vaillamment interprété par le Premier Violon de l’Orchestre, Roman Simovic, qui sans apporter de touche personnelle a su néanmoins conquérir le public par son engagement et son énergie, accompagné par un orchestre et un chef bienveillants pour leur collègue. Le public ne s’y est pas trompé, accordant une longue ovation au soliste et à l’orchestre.

Daniel Harding a ensuite magistralement dirigé son orchestre dans Petrouchka. La taille relativement réduite de l’auditorium (environ 1000 places) et son excellente acoustique ont permis au public d’être happé par les sonorités flamboyantes du LSO.

Très applaudi, Daniel Harding a pris le micro pour annoncer un bis historique. En 1977, le LSO a enregistré la musique du premier volet de Star Wars, comme il l’a fait d’ailleurs pour les cinq volets qui ont suivi. Or, le seul musicien de cette époque encore présent dans l’Orchestre aujourd’hui devait prendre sa retraite dans dix jours. Il était donc de circonstance de lui rendre hommage à Bombay.

Ragaillardi par le thème de Star Wars, le public eut droit à un deuxième bis, avec la Polonaise extraite de Casse-Noisette de Tchaïkovsky, aussi enlevée que le fut tout le programme de ce concert.

Tag(s) : #Musique

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