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Quel plaisir d'assister hier à cette ultime représentation de la Force du Destion de Verdi.

Philippe Jordan a assuré une direction brillante et claire, qui fit la joie du public et de son orchestre qui l'ont longuement applaudi. Quelle chance nous avons d'avoir un chef de cette dimension à l'Opéra de Paris !

Avant la représentation, on nous annonça que Violetta Urmana, qui chantait le rôle de Leonora, était souffrante, mais qu'elle assurerait tout de même la représentation. Qu'est ce que cela aurait été si elle avait été en pleine possession de ses moyens. A moins que ce soit une coquetterie de diva de se signaler souffrante pour attirer encore plus les applaudissements du public.

Nadia Krasteva, également souffrante, dans le rôle de Preziosilla a joué la comédié mais n'a pas chanté. Elle fut doublée par une chanteuse qui interpréta le rôle à l'avant-scène avec un tel engagement qu'on eut l'impression qu'elle piétinait d'envie de rejoindre la troupe en scène.

L'ouverture fut jouée après le premier acte. Philippe Jordan explique que cela se fait de plus en plus, le premier acte constituant une forme de prologue à l'opéra.

L'intrigue n'est pas aisément facile à suivre quand on ne s'est pas renseigné avant. Mais je suis plus attentif à la musique et aux voix qu'aux livrets qui sont souvent sans grand intérêt.

Le motif du destin, ces trois coups qui scandent l'oeuvre tout du long, reste en tête longtemps après la représentation. C'est la marque de fabrique de cet opéra. Rejoint-on l'idée du fatum de la 6e symphonie de Tchaïkovsky ?

La fin de l'opéra se termine avec la mort des deux frères et soeurs après avoir commencé par la mort de leur père, le responsable direct et indirect de tout cela, l'amant de Leonora, Don Alvaro, se retrouvant seul à porter le poids de cette tragédie. La musique s'éteint peu à peu sur le ténor qui semble rejoindre la grotte expiatoire de son amour perdu.

La mise en scène de Jean-Claude Auvray laisse sur sa faim par son côté dépouillé. On aurait aimé un peu plus de faste. La machine Bastille n'a pas été utilisée à plein pour cet ouvrage. La co-production avec le Liceu de Barcelone explique-t-elle cela ? Un décor qui tient en quelques panneaux peints, un christ monumental pendu de dos (pourquoi ?) puis gisant sur le sol dans le dernier acte. Des tables servant plusieurs fois pour les scènes de repas et de banquets. Une grotte suggérée par une grande toile peinte étendue sur la scène dans laquelle se cache Leonora, en ermite.

Globalement, ce fut tout de même un bon moment.

Pas un soliste ne sortit du lot à part la soprano Violetta Urmana. On regretta dans le premier acte l'interprétation du ténor au timbre voilé dans les aigus. Il se ragaillardit ensuite tout en conservant une certaine raideur.

 

 

 

La dernière de "la Force du Destin" hier à l'Opéra Bastille
Tag(s) : #Musique

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