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Me voici donc le lendemain, cette fois-ci non plus à Bastille mais à Garnier, sous le plafond de Chagall, installé comme un happy few à l'orchestre pour assister à la générale de la première mondiale de la Cerisaie, adaptation lyrique de l'oeuvre de Thekhov, commandée par l'Opéra National de Paris à Philippe Fénelon.

 

Ce fut une découverte pour moi, car je ne connaissais pas jusqu'alors l'écriture de ce compositeur qui eut déjà  deux fois les faveurs de la commande de l'Opéra National.

 

J'avais bien dormi la veille. Tout me laissait penser que j'allais donc passer une excellente soirée, qui plus est dans le décor sompteux du Palais Garnier, auréolé de l'oeuvre de Chagall, qui d'ailleurs révèle un contraste plus flatteur depuis l'orchestre que du paradis.

 

Mes espérances tournèrent hélas vite à l'ennui le plus profond, sans aller jusqu'au sommeil cette fois-ci.

 

L'opéra débute par l'arrivée de tous les personnages, soit onze rôles tenus par un plateau vocal exceptionnel, essentiellement slave, qui d'emblée ravit les oreilles de l'auditeur.

 

Le décor est simple, un entrelac de branches, de cerisiers sans doute, touffu dans la première partie, élagué dans la seconde pour sans doute évoquer quelque aération après l'étouffement.

 

Les costumes sont somptueux. Bravo aux ateliers de l'Opéra qui révèlent là un savoir-faire inégalable dans le monde.

 

Félicitations également au choeur de l'Opéra représenté ici par un ensemble vocal féminin, préparé de main de maître par Patrick Marie Aubert. Les voix sont superbement tenues, slaves à souhait, magnifiées par des costumes là aussi confondant de beauté.

 

Quant à la musique, si parfois elle révèle quelques belles envolées, elle semble davantage produite pour accompagner les dialogues d'un opéra où l'on parle plus qu'on ne chante.

 

Le résultat donne l'impression d'un vaste ameublement musical émaillé de temps en temps d'un moment de bonheur. Que n'eut multiplié Philippe Fénelon ce genre de moments ; pourquoi avoir privilégié le texte au fond ?

La pièce est paraît-il ennuyeuse. J'avoue ne pas la connaître. Elle révèle, comme dans tout Tchekhov, l'ennui d'une bourgeoisie russe de province qui ne rêve que de la capitale. Mais cet ennui serait risible quand la pièce est bien montée.

Ici, on ne rit pas mais on s'ennuit fermement selon moi. Peut-être le résultat d'un mauvais livret inspiré d'une pièce qui doit rester de l'art dramatique.

 

J'en ai donc profité pour errer un peu dans les couloirs de Garnier à la recherche des toilettes où j'ai surpris un fantôme, tiens donc.

 

De retour dans la salle, glissé dans les premiers rangs, j'ai pu assiter au final, et à cette lente consumation !

 

A voir tout de même pour ces quelques moments musicaux, les voix, les costumes et une direction musicale qui fait tout pour défendre l'oeuvre.

"Rigoletto" versus "La Cerisaie" ou deux soirées inégales - Acte 2
Tag(s) : #Musique

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