Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Hier le Choeur de Chambre O'Trente donnait un programme pour choeur a cappella digne des choeurs professionnels. Au menu de ce concert donné dans l'écrin idéal de la Basilique Sainte-Clotilde à Paris, devait être interprétée la Messe à double choeur de Franck Martin.

La première partie de ce concert consacrée à la musique anglaise de Holst à Howells en passant par Vaughan Williams, devait amener le public à ouïr ce chef d'oeuvre de la musique pour choeur a cappella du 20e siècle, qu'est la Messe à double choeur de Franck Martin.

Pour gravir ce sommet de la litérature chorale, que les choeurs professionnels n'interprètent pas si souvent dans nos contrées gauloises, il faut un certain aplomb à ce jeune chef de 27 ans, Raphaël Pichon, à la tête de son ensemble constitué de choristes amateurs dont le niveau rivalise avec celui des professionnels.

A ce point de mon billet, je rappelle que le mot amateur signifie aimer. On comprend son sens quand on assiste à un tel concert. Nul besoin d'un cachet à ces jeunes interprètes pour donner le meilleur d'eux-mêmes.

A l'écoute, nul doute que Raphaël Pichon se situe dans la lignée de la Papesse Laurence Equibey.

Cependant, l'interprétation de cette Messe révèle quelques chausse-trappes. D'une écriture complexe, puisque pour deux choeurs, elle multiplie les plans qu'il faut savoir équilibrer pour lui donner le souffle qu'elle recèle intrinsèquement.

Raphaël Pichon, aidé de ces choristes au talent évident, ne parvient pas encore à approcher l'interprétation transcendante d'un Harry Christopher à la tête de ses Sixteen, dont la réécoute après le concert, me hérisse toujours le poil, ou d'un Michel-Marc Gervais avec son Choeur de Chambre de l'Université de Santa-Barbara que j'eus l'honneur de programmer il y a quelques années.

Si la technique est bien là, il manque encore ce petit supplément d'âme qui ferait émouvoir l'auditeur emmitouflé dans son manteau en ce mois de janvier certes doux mais humide.

Pas un instant, je ne sentis donc ce frisson me traverser, excepté peut-être lors du Sanctus bissé en fin de concert.

Il faut reconnaître pourtant la quaiité d'un choeur jeune et promis à un bel avenir. Gageons que son chef saura s'affranchir des dogmes en vigueur aujourd'hui en matière d'interprétation pour arriver à toucher l'auditeur au plus profond de lui-même.

Un ensemble à suivre en tout cas, qui donnera "Elias" de Mendelssohn mardi 12 juin 2012 à la Basilique Sainte-Clotilde (www.otrente.org).

 

 

O'Trente sur son 31 !
O'Trente sur son 31 !
Tag(s) : #Musique

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :