Dans "Voyage dans la France d'avant" (Gallimard, 2025), le dernier tome de ses Mémoires, Franz-Olivier Giesbert cite page 314 des extraits de "L'Ordre social" (1945) de l'économiste Jacques Rueff (1896-1978), auteur du fameux plan qui assura à la France dix ans de prospérité économique et sociale à partir de 1959, sous la présidence du Général de Gaulle :
"C'est par le déficit que les hommes perdent la liberté". Quand il deviendra exponentiel, le chaos viendra et la tyrannie s'imposera : "Alors, les hommes n'échapperont au désordre qu'en acceptant pour toujours le régime de l'étable. Ils mangeront les aliments que le maître aura mis dans leur râtelier, feront le travail qu'il aura choisi pour eux, à l'endroit qu'il leur aura imposé ; ils liront les livres et les journaux qu'il leur aura fournis, écouteront les radios qu'il leur aura permis d'entendre et, s'ils pensent encore, auront les pensées qu'il leur aura suggérées."
Avec, au premier trimestre 2026, un déficit public établi à 5,1 % du PIB, selon Eurostat et une dette de 117,6 % du PIB (3300 milliards d'euros), soit le troisième niveau le plus élevé de l'Union européenne derrière la Grèce et l'Italie, les Français ne sont-ils pas en train de se retrouver exactement dans la situation décrite par Jacques Rueff avec pour corollaire l'instauration à brève échéance d'un régime politique liberticide, si ce n'est pas déjà en partie le cas ?
Lien vers la présentation du livre sur le site de Gallimard
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