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Un de mes amis facebook écrivait récemment sur son mur : "Quand on prend des décisions sous le coup de l 'émotion, on est rarement bon stratège .. La sobriété devant les micros devrait être la régle, il reste les listes ou facebook pour les accros du Café du Commerce"

Je suppose, au vu de la date de parution, qu'il voulait parler, à travers ses propos, de l'éviction de Delphine Batho du gouvernement, après ses propos dans les médias, notamment radios, sur le budget 2014 et en particulier la baisse de celui de son Ministère, l'Ecologie.

Hormis le fait que le lien de causalité entre la première partie de son propos et la deuxième ne me paraît pas évident, que même si je suis plutôt d'accord avec la première phrase, je ne vois pas pourquoi il faudrait toujours rester sobre devant un micro, c'est bien plutôt sur l'aspect café du commerce que je voudrais revenir, auquel il assimile les propos qui peuvent se tenir sur facebook et autres réseaux ou moyens de communication par mail.

Les réseaux sociaux se multiplient et facebook a plus d'un milliard d'abonnés.

Cela traduit-il un besoin de communication croissant, ou plutôt un manque de communication et un besoin de reconnaissance, qui me paraît à la fois assez symptomatique de notre époque et inquiétant.

Les cafés du commerce ont disparu dans la plupart des villages ; dans les villes plus grandes, ils sont remplacés progressivement par d'autres enseignes où l'on ne vient pas forcément pour discuter avec l'inconnu, le serveur ou le client.

Ces lieux servaient souvent de lieu de communication, d'échange de visu où l'on pouvait dire ce qu'on avait sur le coeur, se confier. Combien de films nous montrent encore un passé presque révolu (je pense par exemple à La tête en en friche de Jean Becker, avec ses scènes de bistrot) .

Au café, on pouvait tout dire, parler de tout, s'engueuler, voire même se taper dessus mais tout finissait par rentrer dans l'ordre. Le lieu servait parfois d'exutoire à la frustration de vies quotidiennes parfois difficiles. Les gens rentraient chez eux et une nouvelle journée s'enchaînait le lendemain matin.

Aujourd'hui, nos vies sont souvent marquées par une grande solitude. Les familles sont éclatées, les liens sociaux sont sources de stress, pas toujours réconfortants.

De retour chez soi, on ressent le besoin de retrouver des liens sociaux plus apaisants, et une reconnaissance qui fait défaut ailleurs, surtout dans le travail. On croit trouver cela sur le web à travers facebook, en particulier.

Mais se livrer ici à des propos qu'on aurait tenus jadis au café du commerce peut avoir des conséquences sans commune mesure avec celles du dit café.

Contrairement à l'endroit clos que l'on fréquentait, sur facebook, tout est assimilable à des propos publics, livrés en pâture à n'importe qui.

Dès lors qu'on a plus de 25 amis, et quand bien même on édite ses propos en mode privé, ceux-ci sont considérés comme des propos publics par la justice. Si d'aventure un de ses amis est mal intentionné, cela peut valoir d'ailleurs très cher.

C'est le cas de nombreuses personnes qui sans même critiquer leur employeur, mais pour avoir publier avec imprudence certains propos relatifs à leur travail, se sont faits licencier pour faute grave. Ces condamnations ont été prononcées en première instance, et confortées en appel.

Tout cela pour dire qu'il faut manier ces réseaux sociaux avec beaucoup de prudence.

Et qu'on ferait bien de relancer les cafés du commerce...

Facebook, ou le café du commerce d'aujourd'hui ?
Tag(s) : #Divers
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