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Après Papon et Bousquet, hier, je suis tombé un peu par hasard sur l'émission "Faites entrer l'accusé" consacrée à Paul Touvier (1915-1996), ancien membre de la milice sous l'Occupation allemande, responsable de l'exécution de 7 Juifs à Rillieux-la-Pape le 29 juin 1944, seul Français qui fut condamné à la prison à perpétuité en 1994 pour crime contre l'humanité après 44 ans de cavale.
Or, quelle ne fut pas ma surprise en regardant l'émission animée à l'époque par Christophe Hondelatte de voir passer le nom de l'abbé Jean Rodhain (1900-1977), fondateur du Secours Catholique en 1946, parmi les membres du clergé à avoir protégé Touvier en l'aidant financièrement via le Secours Catholique et en plaidant en faveur de sa grâce auprès du pouvoir.
Après l'émission, j'ai fait une recherche sur Google IA qui a donné ceci :
Oui, l'abbé Jean Rodhain a personnellement témoigné en faveur de Paul Touvier pour appuyer ses demandes de grâce présidentielle.
En plus de sa signature sur des courriers de soutien aux côtés d'autres ecclésiastiques influents, le rapport de la commission historique dirigée par René Rémond (commandé en 1989 par le cardinal Decourtray) a formellement révélé son implication :
• Un soutien financier continu : En tant que secrétaire général du Secours Catholique, l'abbé Jean Rodhain a versé pendant plusieurs années une aide financière mensuelle à la famille de l'ancien milicien en cavale.
• La justification de la « charité » : Interpellé à l'époque par certains proches sur cette protection, Jean Rodhain invoquait une stricte logique de charité chrétienne et de pardon, affirmant qu'il aidait un « pauvre homme » et sa famille, fermant délibérément les yeux sur la nature criminelle des actes commis par Touvier sous l'Occupation.
Ce soutien de premier plan, combiné à celui d'autres figures de l'Église comme Monseigneur Charles Duquaire, a directement pesé dans la décision du président Georges Pompidou d'accorder sa grâce à Paul Touvier en novembre 1971.
En tant que bénévole au Secours Catholique, j'avoue que les bras m'en sont tombés.
Lire également la note historique ci-après en complément de l'émission.
Paul Touvier - Jean Rodhain @ DR
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NOTE HISTORIQUE : LES RÉSEAUX ECCLÉSIASTIQUES ET L'AFFAIRE PAUL TOUVIER

L'affaire Paul Touvier constitue l'un des épisodes les plus complexes de l'histoire judiciaire et religieuse de la France d'après-guerre. Ancien chef du service de renseignements de la Milice lyonnaise sous l'Occupation, Touvier a réussi à échapper à la justice pendant quarante-quatre ans, bénéficiant d'une protection quasi continue au sein de divers réseaux de l'Église catholique.

1. L'implication de l'abbé Jean Rodhain et du Secours Catholique

L'abbé Jean Rodhain, figure majeure de l'Église de France et fondateur du Secours Catholique, a joué un rôle actif et documenté dans le soutien apporté à Paul Touvier pendant sa cavale :

  • Soutien financier régulier : En tant que secrétaire général du Secours Catholique, Jean Rodhain a validé l'octroi d'allocations mensuelles régulières à l'épouse et aux enfants de Paul Touvier. Ces versements étaient officiellement justifiés par la détresse matérielle de la famille.
  • Interventions en faveur de la grâce : L'abbé Rodhain a joint sa signature à des recours et courriers officiels adressés aux plus hautes autorités de l'État, notamment pour appuyer les demandes de grâce présidentielle introduites auprès de Georges Pompidou.
  • La logique de la charité chrétienne : Pour justifier cette aide, Rodhain s'est retranché derrière un impératif de charité évangélique absolue. Interpellé par des résistants et des proches, il affirmait qu'il secourait un « pauvre homme » et sa famille, dissociant délibérément l'action humanitaire du pardon chrétien de la gravité des crimes de guerre commis.

2. Monseigneur Charles Duquaire : la cheville ouvrière de la grâce

Si Jean Rodhain a apporté une caution morale et financière de poids, Monseigneur Charles Duquaire (secrétaire particulier du cardinal Gerlier à Lyon) a été le véritable architecte de la réhabilitation clandestine de Touvier :

  • Campagne obsessionnelle : À partir des années 1960, Mgr Duquaire s'est donné pour mission d'obtenir la grâce de Touvier. Convaincu du repentir de l'ancien milicien, il a patiemment constitué un dossier de réhabilitation, sollicitant des dizaines de témoignages favorables.
  • Le lobbying politique : Il a personnellement plaidé la cause de Touvier auprès de l'Élysée et du gouvernement, parvenant à convaincre le président Georges Pompidou d'accorder une grâce partielle en novembre 1971 (portant sur l'interdiction de séjour et la confiscation des biens), ce qui déclencha un scandale national lors de sa révélation en 1972.

3. La nature des réseaux de soutien et les conclusions de la commission Rémond

En 1989, suite à l'arrestation de Paul Touvier au prieuré traditionaliste de Nice, le cardinal Albert Decourtray a ordonné la création d'une commission d'historiens, dirigée par René Rémond, pour faire toute la lumière sur ces protections. Le rapport, remis en 1992, a mis en évidence plusieurs mécanismes :

  • Un anticommunisme viscéral : Pour de nombreux ecclésiastiques formés dans l'entre-deux-guerres, la Milice était perçue, malgré ses excès, comme un rempart contre le péril communiste, favorisant une indulgence coupable envers ses anciens membres.
  • La dérive de l'asile religieux : La tradition ecclésiale du droit d'asile a été dévoyée pour soustraire un criminel à la justice des hommes, souvent sous couvert de favoriser son salut spirituel et son repentir.
  • Clivage ecclésiastique : Le soutien à Touvier a transité par deux canaux : l'Église officielle (via des figures comme Mgr Duquaire ou l'abbé Rodhain au nom de la charité) puis, à partir des années 1970, les réseaux catholiques intégristes et traditionalistes (notamment liés à la Fraternité Saint-Pie X), qui l'ont hébergé dans divers monastères jusqu'à sa capture.

Conclusion

L'implication de l'abbé Jean Rodhain et de Mgr Charles Duquaire ne relevait pas d'une complicité idéologique directe avec le fascisme, mais plutôt d'un aveuglement pastoral dramatique. En plaçant une conception dévoyée de la charité et du pardon au-dessus du devoir de justice et de la mémoire des victimes, ces ecclésiastiques influents sont devenus les complices objectifs de la longue cavale d'un criminel contre l'humanité.

Sources : Google IA

Tag(s) : #Histoire, #DeuxièmeGuerremondiale, #Occupation, #Collaboration, #Milice, #JeanRodhain, #SecoursCatholique, #Faitesentrerlaccusé, #France
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