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A l'occasion de la sortie il y a quelques jours de son premier album pour le label Mirare de René Martin, j'ai proposé à la jeune pianiste Arielle Beck de répondre à trois questions. Elle a accepté de se prêter au jeu.

Stéphane Godet (SG) : Vous sortez votre premier album consacré à Schumann, Brahms et vous-même. Comment s’est fait le choix des œuvres pour ce premier enregistrement qui est sûrement une étape importante pour vous ?

Arielle Beck (AB) : Le choix nous a semblé naturel, à René Martin, François-René Martin (co-directeur du label, NDLR) et à moi-même car j’ai une affinité particulière pour la musique dite romantique, encore que cette dénomination puisse renvoyer à des styles singuliers. Leur point commun est une démarche artistique dans une époque de crise de l’art religieux qui ouvre à la modernité. En tout cas, Brahms a été désigné par Robert Schumann comme un musicien différent : il se reconnaissait en lui et en même temps, il reconnaissait sa singularité. Je suis sensible à cette "continuité discontinue", si on peut parler ainsi, que la modernité a mise en évidence. Je sais aussi que René Martin aime ma manière de jouer Schumann, en particulier. Le choix des œuvres a donc paru évident, d’autant que j’avais auparavant beaucoup joué l’Humoresque et l’Opus 76 de Brahms en récital, pièces que j’ai d’ailleurs travaillées avec Claire Désert et Romano Pallottini au Conservatoire National Supérieur de Paris (CNSMDP, NDLR). Je suis heureuse de ce premier moment discographique et la collaboration avec l’ingénieure du son Cécile Lenoir a été particulièrement harmonieuse, ainsi qu’avec toute l’équipe du label Mirare.

 

SG : Vous y incluez une œuvre de votre propre composition. Pouvez-vous nous en parler ?

AB : Ma composition, que j’espère en "continuité discontinue" avec Schumann et Brahms, est venue d’une improvisation, car j’aime beaucoup la construction "Thème et variations". J’ai ensuite noté l’improvisation, puis j’ai modifié un certain nombre de choses dans cet état de la pièce et j’ai composé directement quelques variations, que j’ai articulées à la logique de la pièce. Je suis partie du thème des Bunte Blätter de Schumann, que Clara Schumann et Brahms ont eux-mêmes varié, mais je l’ai développé dans un style qui tient compte de la modernité musicale du XXe siècle. Il ne s’agit pas d’un retour au romantisme stylistique. Pour moi, l’improvisation est déjà composition ou une composition qui s’élabore.

 

SG : En même temps que ce premier CD, votre carrière se développe à vitesse "grand v" avec des concerts un peu partout, en France et à l’étranger et dans les plus grands festivals. Est-ce que vous arrivez à garder la tête froide et comment alors que vous êtes encore si jeune ?

AB : Votre description est un peu exagérée, disons. Je joue dans un certain nombre de pays, beaucoup en Espagne et en Suisse, par exemple, et je vais jouer le 20e concerto de Mozart avec l’Academy of St Martin in the Fields en novembre à Londres. Je suis heureuse d’avoir fait mes débuts à la Folle Journée de Tokyo, grâce à René Martin, et l’agence artistique Jacques Thelen pense intelligemment le développement de mon programme de concerts ; je n’ai donc pas l’impression que ma carrière "se développe à la vitesse grand v", comme vous dites. Je ressens une progression plutôt naturelle et logique, par étapes, car je joue depuis sept ans maintenant, tout de même ! Par conséquent, il n’est pas difficile de garder la tête froide, si on est en quelque sorte dans le métier depuis un certain temps. J’ai d’ailleurs hâte de faire des tournées !

 

SG : Merci d'avoir répondu à mes questions !

Pochette du CDPochette du CD

Pochette du CD

Arielle Beck @ DR

Arielle Beck @ DR

BIOGRAPHIE D'ARIELLE BECK *

Arielle Beck est douée d’une sensibilité et d’une maturité artistiques singulières qu’elle exprime pleinement sur scène. Elle se produit en récital et en tant que soliste avec orchestre sur des scènes prestigieuses – La Roque d’Anthéron, Le Piano Symphonique de Lucerne, les Variations Musicales de Tannay, les Sommets Musicaux de Gstaad, Piano aux Jacobins, le festival de Musique de Menton, les Rencontres musicales de La Grange au Lac à Évian, les Schubertiada de Vilabertran, Pianos Folies du Touquet, La Folle Journée de Nantes et de Tokyo, Festival de la Vézère, l'Orangerie d’Auteuil, Pianopolis d’Angers, Circulo de Bellas Artes de Madrid...

Arielle Beck est régulièrement invitée d’orchestres de premier plan, tels que l’Orchestre de Marseille, l’Orchestre National Montpellier Occitanie, l’Orchestre de Nice, le Filharmonia Opole, l’Orchestre Symphonique du Pays Basque, l’Orchestre National des Pays de la Loire, Tokyo Philharmonic, et collabore notamment avec Lionel Bringuier, Lawrence Foster, Claire Gibault, Léo Hussain, Lio Kuokman, Chloé Meyzie, Gilles Millière, Jakub Montewka, Bruno Weil.

Née en 2009 à Paris, Arielle Beck est formée par Igor Lazko et reçoit depuis 2023 l’enseignement de Claire Désert et Romano Pallottini au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris. Depuis sa neuvième année, elle est aussi conseillée par Stephen Kovacevich. En 2018, sa précocité est couronnée d’un Premier Grand Prix au Concours international Jeune Chopin présidé par Martha Argerich et elle reçoit en 2024 le XXe Elba Festival Prize.

Elle enregistre à 15 ans chez Mirare un premier disque consacré à Schumann (Grande Humoresque opus 20), Brahms (Klavierstücke opus 76) et des Variations sur un thème de Robert Schumann de sa propre composition, à paraitre à l’automne 2025.

* Agence artistique Jacques Thelen

Article paru dans Le Figaro le 10 septembre 2025

Article paru dans Le Figaro le 10 septembre 2025

Tag(s) : #Enregistrement, #Album, #CD, #Piano, #Schumann, #Brahms, #ArielleBeck, #Mirare, #RenéMartin, #FrançoisRenéMartin, #CécileLenoir
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